Jeune apprenti artisan travaillant le bois aux côtés d'un artisan expérimenté

Apprentissage dans l’artisanat : les Chambres de Métiers alertent sur un décrochage inédit

Pour la première fois depuis 2013, le nombre d’apprentis formés dans les métiers de l’artisanat recule en France. Le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) tire la sonnette d’alarme : avec une baisse de 6 % des effectifs, c’est tout un modèle de formation, longtemps présenté comme une réussite, qui vacille.

Un décrochage inédit depuis plus de dix ans

Chaque année, plus de 110 000 apprentis sont formés dans les centres de formation (CFA) du réseau des Chambres de Métiers, dont 90 % préparent un diplôme de niveau bac ou infra-bac : CAP de boulanger, de coiffeur, de mécanicien, d’ébéniste ou encore d’électricien. Ce vivier, considéré comme un pilier de l’insertion professionnelle des jeunes, connaît en 2026 son premier repli depuis 2013, année de référence pour les CMA.

Des financements en forte baisse

Derrière ce chiffre, les Chambres de Métiers pointent une cause précise : la révision successive des niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage, qui a amputé les CFA du réseau d’environ 30 millions d’euros de ressources en 2025. La prime versée aux maîtres d’apprentissage qui recrutent un jeune a également été réduite. Conséquence directe sur le terrain :

  • Gel ou fermeture de sections dans plusieurs centres de formation depuis 2024
  • Non-ouverture de certaines formations spécialisées, faute de financement suffisant
  • Craintes des employeurs artisans sur leur capacité à continuer d’accueillir des apprentis

Un modèle jusque-là présenté comme gagnant

L’apprentissage dans l’artisanat était jusqu’ici mis en avant comme un exemple de formation professionnelle efficace, avec des taux d’insertion dans l'emploi régulièrement supérieurs à ceux de nombreuses filières générales. Les Chambres de Métiers redoutent aujourd’hui la « fin d’un modèle gagnant » si la trajectoire budgétaire actuelle se poursuit, alors que le secteur de l’artisanat reste l’un des principaux pourvoyeurs d'emplois locaux, avec près de 1,9 million d’entreprises en France.

Quelles conséquences pour les jeunes et les artisans ?

Pour les familles et les futurs apprentis, ce contexte peut se traduire par une offre de formation resserrée dans certains territoires, avec des sections qui ferment faute de moyens plutôt que faute de candidats. Pour les artisans eux-mêmes, souvent des très petites entreprises, la baisse de la prime à l'embauche d’un apprenti rend l’accueil d’un jeune plus coûteux, dans un secteur où la trésorerie est déjà tendue pour une partie des professionnels.

Ce sujet s’inscrit plus largement dans les enjeux de transmission et de recrutement propres au monde de l’entreprise artisanale, ainsi que dans les questions de finance et de financement public qui pèsent sur les filières de formation. Les jeunes en réflexion sur leur orientation trouveront aussi des pistes utiles dans nos conseils pratiques.

Questions fréquentes

Pourquoi le nombre d’apprentis dans l’artisanat recule-t-il ?

Les Chambres de Métiers et de l’Artisanat pointent la baisse des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage et la réduction de la prime aux employeurs, qui ont amputé les centres de formation du réseau d’environ 30 millions d’euros en 2025.

Combien d’apprentis sont formés chaque année dans le réseau des CMA ?

Plus de 110 000 apprentis sont formés chaque année dans les centres de formation du réseau des Chambres de Métiers, dont 90 % préparent un diplôme de niveau bac ou infra-bac.

Quelles conséquences concrètes pour les centres de formation ?

Certaines sections ont déjà été gelées ou fermées depuis 2024, et des formations spécialisées n’ont pas pu ouvrir faute de financement suffisant, selon le réseau des Chambres de Métiers.

Sources

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