Champ d'éoliennes et de panneaux solaires sous un ciel européen, illustrant la transition énergétique

Électricité et prix du gaz en Europe : l’écart se creuse entre pays

Depuis plusieurs années, les factures d’électricité des Européens dépendent d’un facteur qu’on associe rarement à sa prise murale : le prix du gaz naturel sur les marchés internationaux. Mais un écart spectaculaire est en train de se creuser entre pays selon leur avancée dans les énergies renouvelables, révèle une analyse récente du think tank énergétique Ember, relayée notamment par pv magazine France.

Dans les pays qui ont massivement raccordé de nouvelles capacités éoliennes et solaires, le gaz pèse de moins en moins sur la facture finale. En Espagne, il ne détermine plus le prix de l’électricité que durant 15 % des heures de l’année en 2026, contre 75 % en 2019. À l’inverse, en Italie, où le mix électrique reste très dépendant des centrales à gaz, cette proportion atteint encore 89 % des heures.

Une Europe à deux vitesses face au gaz

À l’échelle de l’Union européenne, la production d’électricité renouvelable a progressé de 28 % depuis 2019, et tous les États membres ont réduit, à des degrés très divers, leur exposition à la volatilité des prix du gaz. Selon les données reprises par le site officiel notre-environnement.gouv.fr, sur les seize premières semaines de 2026, le développement des renouvelables aurait permis d’éviter environ 29 milliards d’euros de dépenses supplémentaires en gaz à l’échelle du continent.

Les pays dotés d’un mix électrique déjà très décarboné — Danemark, Finlande, France, Suède et Slovaquie — devraient ainsi économiser jusqu’à 8,5 milliards d’euros sur l’année 2026. À l’opposé, les Pays-Bas et la Pologne restent parmi les plus exposés aux soubresauts du marché gazier mondial, faute d’un parc renouvelable suffisamment développé pour s’y substituer.

  • 2025 : l’éolien et le solaire ont fourni un record de 30 % de l’électricité de l’UE, dépassant pour la première fois les énergies fossiles.
  • Espagne : le gaz ne fixe plus le prix de l’électricité que 15 % du temps, contre 89 % en Italie.
  • Depuis 2019 : -28 % d’exposition moyenne de l’UE à la volatilité du prix du gaz.

Le gaz reste une variable d’ajustement, pas un problème résolu

Ce tableau favorable comporte toutefois une nuance de taille. Selon le rapport European Electricity Review 2026 d’Ember, la facture d’importation de gaz du secteur électrique européen a malgré tout grimpé à 32 milliards d’euros en 2025, soit 16 % de plus qu’en 2024 — notamment parce qu’une hydroélectricité en berne a obligé plusieurs pays à solliciter davantage leurs centrales thermiques. Autrement dit, les renouvelables réduisent la dépendance structurelle au gaz, mais ne suppriment pas les à-coups liés à la météo : une année sèche ou peu venteuse peut encore faire remonter la facture collective, comme le rappelle régulièrement le suivi des prix de l’électricité pour les ménages.

Pour les consommateurs, ce basculement progressif signifie concrètement que la stabilité des prix de l’électricité dépendra de plus en plus de la vitesse de déploiement des renouvelables sur le territoire national plutôt que du seul cours mondial du gaz. Un raisonnement qui rejoint les constats déjà dressés autour de la gestion du foncier disponible pour les nouvelles infrastructures énergétiques, elle aussi scrutée de près par les pouvoirs publics.

Questions fréquentes

Pourquoi le prix du gaz influence-t-il le prix de l’électricité ?

Dans le marché européen de l’électricité, le prix est fixé par la dernière centrale nécessaire pour couvrir la demande à un instant donné. Or ce sont souvent les centrales à gaz qui jouent ce rôle d’appoint, ce qui répercute leur coût sur le prix final, même quand une large part de l’électricité provient de sources renouvelables moins chères.

Quels pays européens restent les plus exposés aux prix du gaz ?

Selon les données d’Ember, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne comptent parmi les pays où le gaz continue de déterminer le prix de l’électricité une large partie de l’année, faute d’un parc éolien et solaire suffisamment développé pour le remplacer aux heures de forte demande.

Les renouvelables suffisent-elles à protéger totalement des chocs énergétiques ?

Non : elles réduisent nettement l’exposition structurelle, mais la production éolienne et solaire reste dépendante de la météo. Une baisse de l’hydroélectricité ou un épisode peu venteux peut encore pousser plusieurs pays à recourir davantage au gaz, comme observé en 2025.

Sources

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