Chaque année, des milliers d’hectares de champs, de forêts et de prairies disparaissent sous le béton et le bitume. Bonne nouvelle : selon les derniers chiffres du Cerema publiés début juillet 2026, l’artificialisation des sols continue de reculer en France, mais à un rythme encore trop lent pour tenir les objectifs fixés par la loi.
15 119 hectares artificialisés en 2024, deux fois moins qu’en 2011
En 2024, un peu plus de 15 000 hectares d’espaces agricoles, naturels et forestiers ont été transformés en zones urbanisées, industrielles ou commerciales, contre 29 470 hectares en 2011. La baisse est réelle et continue depuis le début de la décennie, portée par une prise de conscience progressive des collectivités et par l’objectif national de « zéro artificialisation nette » (ZAN) inscrit dans la loi Climat et Résilience.
Ces données, établies par le Cerema à partir de fichiers fonciers et cadastraux, restent la référence officielle utilisée par le ministère de la Transition écologique pour suivre l’évolution du phénomène commune par commune.
Un rythme encore insuffisant pour tenir les objectifs de la loi
Le problème, c’est que cette décrue ne suffit pas. Même si le rythme de baisse observé depuis 2021 se poursuivait à l’identique, la cible intermédiaire fixée par la loi serait tout de même dépassée d’environ 24 000 hectares. Autrement dit, artificialiser deux fois moins qu’il y a quinze ans reste encore loin du compte face à l’ambition d’atteindre un solde nul d’ici 2050.
Cette tension entre progrès mesurable et objectif légal illustre une difficulté plus large pour l’aménagement du territoire : concilier logement, activité économique et préservation des sols vivants, alors que la pression climatique de l’été 2026 a par ailleurs rappelé l’urgence de préserver les espaces naturels capables d’absorber la chaleur et l’eau. Ce constat rejoint d’autres alertes récentes sur la biodiversité française, comme le classement du grand tétras et du lagopède alpin parmi les espèces protégées, ou encore la réintroduction du vison d’Europe, deux dossiers directement liés à la disparition des habitats naturels.
Pourquoi ces chiffres comptent pour les Français
- Moins de sols artificialisés, c’est plus de terres agricoles préservées pour la production alimentaire locale.
- Des sols vivants absorbent l’eau de pluie et limitent le ruissellement, un enjeu renforcé après l’été le plus chaud jamais enregistré en France.
- La loi ZAN impose désormais aux collectivités de justifier chaque nouveau projet d’aménagement, ce qui change la manière dont les communes délivrent leurs permis de construire.
Ce qu’il faut retenir
La trajectoire est la bonne, mais le calendrier ne l’est pas encore. Les prochains bilans du Cerema, attendus courant 2027 pour les données 2025, diront si la France parvient à accélérer suffisamment pour respecter ses propres engagements climatiques, dans un contexte où la protection de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique sont devenues indissociables.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’artificialisation des sols ?
C’est la transformation d’un espace agricole, naturel ou forestier en surface urbanisée, imperméabilisée ou dédiée à des usages industriels, commerciaux ou routiers.
Qu’est-ce que l’objectif « zéro artificialisation nette » (ZAN) ?
C’est l’objectif, fixé par la loi Climat et Résilience, de ne plus artificialiser de nouveaux sols nets d’ici 2050, avec des étapes intermédiaires de réduction imposées aux collectivités.
Qui mesure l’artificialisation des sols en France ?
Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) produit ces données à partir des fichiers fonciers et cadastraux, pour le compte du ministère de la Transition écologique.
Sources
Article mis à jour le 16 septembre 2026.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
